ACCUSATION

L’injure bégaie, en des journaux, faute de hardiesse : un soupçon prêt à poindre, pourquoi la réticence ? Les engins, dont le bris illumine les parlements d’une lueur sommaire, mais estropie à faire grand’pitié, des badauds, je m’y intéresserais, en raison de la lueur — sans la brièveté de son enseignement qui permet au législateur d’alléguer une définitive incompréhension ; je récuse l’adjonction de balles à tir et de clous. Tel un avis ; et, incriminer de tout dommage ceci uniquement qu’il y ait des écrivains à l’écart tenant, ou pas, pour le vers libre, captive, surtout par de l’ingéniosité. Près, eux, se réservent, ou loin, comme pour une occasion, ils offensent le fait divers : que dérobent-ils, toujours jettent-ils ainsi du discrédit, moins qu’une bombe, sur ce que de mieux, indisputablement et à grands frais, fournit une capitale comme rédaction courante de ses apothéoses : à condition qu’elle ne le décrète pas dernier mot, ni le premier, relativement à certains éblouissements, aussi, que peut d’elle-même tirer la pensée. Je souhaiterais qu’on poussât un avis jusqu’à délaisser l’insinuation ; proclamant, salutaire, la retraite chaste de plusieurs. Il importe que dans tout concours de la multitude quelque part vers l’intérêt, l’amusement, ou la commodité, de rares amateurs, respectueux du motif commun en tant que façon d’y montrer de l’indifférence, instituent par cet air à côté, une minorité ; attendu, quelle divergence que creuse le conflit furieux des citoyens, tous, au regard souverain, font une unanimité — d’accord, au moins, que ce à propos de quoi on s’entredévore, compte : or, posé le besoin d’exception, comme de sel ! la vraie qui, indéfectiblement, fonctionne, gît dans ce séjour de quelques esprits, je ne sais, à leur éloge, comment les désigner, gratuits, étrangers, peut-être vains — ou littéraires.

Accusation, Stéphane Mallarmé, 1897.

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