LA GRECQUE

Vimos a una mujer morena construir el acantilado.
Nous avons vu une femme brune bâtir la falaise.
No más de un segundo, como alanceada por el sol. Como
Pas plus d’une seconde, comme percée par la lance du soleil. Comme
los párpados heridos del dios, el niño premeditado
Les paupières blessées du dieu, l’enfant prémédité
de nuestra playa infinita. La griega, la griega,
De notre plage infinie. La Grecque, la Grecque,
repetían las putas del Mediterráneo, la brisa
Répétaient les putes de la Méditerranée, la brise
Magistral: la que se autodirige, como una falange
Magistrale : celle qui s’autodirige, comme une phalange
de estatuas de mármol, veteadas de sangre y voluntad,
De statues en marbre, veinée de sang et de volonté,
como un plan diabólico y risueño sostenido por el cielo
Comme un plan diabolique et riant soutenu par le ciel
y por tus ojos. Renegada de las ciudades y de la República,
Et tes yeux. Reniée par les villes et par la République,
Cuando crea que todo está perdido a tus ojos me fiaré.
Lorsque je croirai que tout est perdu, c’est à tes yeux que je me fierai.
Cuando la derrota compasiva nos convenza de lo inútil
Lorsque la défaite compatissante nous convaincra de l’inutilité
que es seguir luchando, a tus ojos me fiaré.
De continuer à lutter, c’est à tes yeux que je me fierai.

La Grecque, Roberto Bolaño, Les chiens romantiques, 1993

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